Dans les coulisses d’une tournée, alors que les lumières ne sont pas encore levées et que les derniers réglages s'enchaînent, Yannick Peraste appartient à cette catégorie d’hommes que le public ne voit pas toujours mais sans lesquels rien ne tient vraiment. Guitariste, directeur musical producteur, compositeur, il orchestre depuis des années la mécanique précise des grands spectacles. Et pourtant, son histoire commence loin des plateaux, à Savigny-le-Temple, au Plessis-le-Roi, avec une guitare-jouet et une passion déjà très sérieuse.
Issu d’une famille de musiciens, avec des oncles guitaristes, il grandit dans un univers où la musique n’est pas un décor mais un langage. Repéré très tôt, il entre à 6 ans au conservatoire Gabriel-Fauré. Il y suit dix années de guitare classique, tout en continuant à jouer à l’église. Cette double expérience forge son oreille, son sens du collectif et une discipline qui ne le quittera plus. Plus tard, le jazz, appris auprès de Frédéric Loiseau, lui ouvre encore d’autres horizons.
Longtemps, pourtant, rien ne le destine officiellement à la musique. Après un bac SSI, il s’oriente vers l’informatique.
raison est simple : personne ne lui montre alors comment vivre d’un métier musical. En prépa intégrée d’école d’ingénieur, il découvre ses premières prestations rémunérées. Le déclic est là. Il mène de front ses études et ses débuts professionnels, jusqu’à décrocher son diplôme d’ingénieur sans jamais renoncer à la scène.
Le vrai tournant intervient avec la création de MMBS, aux côtés de Franck “Boom” Jean et Kelyan Horth. Ensemble, ils veulent faire grandir une production musicale plus exigeante, plus structurée, inspirée des standards anglo-saxons. Yannick Peraste y trouve sa place: faire le lien entre l'artiste, les musiciens, les chorégraphes et les équipes techniques, penser le spectacle comme un tout.
La première grande marche s’appelle M. Pokora. Puis viennent Dadju, Maître Gims, Angèle, Jenifer, L2B, Tayc, Vegedream. En 2020, il co-produit avec Willobeatz Pour nous, interprété par Tayc et Vegedream, puis participe à plusieurs morceaux de Fleur froide et au projet Héritage avec Tayc et Dadju. Le live l’a rendu indispensable ; le studio lui a donné une nouvelle dimension.
Aujourd’hui installé à Boulogne, Yannick Peraste veut lever un peu le pied sur la route pour transmettre davantage. Avec MMBS, il accompagne de jeunes artistes et développe son label. RH430, rappeur de Melun, en est le premier signé. Et quand il croise Benjay ou RDS, deux beatmakers savigniens comme lui, c’est toute une filiation qui se dessine : celle d’une génération née à Savigny, nourrie de travail, de culot et d’ambition.
Son message tient en quelques mots : ne pas avoir peur de se lancer, travailler sérieusement, peaufiner son art, saisir les opportunités et oser. Savigny reste sa base. Sa famille y vit toujours. C’est là qu’il se ressource. C’est là surtout qu’a commencé l’histoire d’un enfant qui jouait déjà partout avec sa guitare et qui, un jour, a trouvé sa place au cœur des grandes scènes françaises.

