Désertification médicale : les actions de la municipalité

Désertification médicale : les actions de la municipalité

Face à la désertification médicale, la ville a mis en place des mesures d’incitation pour l’installation de nouveaux praticiens et développe les infrastructures de soin.

Lutter contre la désertification médicale. C’est l’une des promesses de la ministre de la Santé, pour que tous les Français puissent bénéficier de la même qualité de soins. Au 97e rang national, sur 101 départements, la Seine-et-Marne manque indéniablement de médecins généralistes. Mais aussi de spécialistes. Un chiffre résume à lui seul le problème : on compte 189 médecins pour 100 000 habitants dans notre département contre 330 en France. Les élus et professionnels hospitaliers ont récemment alerté les pouvoirs publics sur la désertification médicale du département. La Seine-et- Marne est ainsi, après la Seine-Saint-Denis, le département d’Île-de-France le plus sinistré, confirme l’Agence régionale de santé (ARS).

Le phénomène touche principalement la partie Est du département, la plus rurale et la moins peuplée. Dammartin-en-Goële, Souppes-sur-Loing ou encore Provins sont les communes les plus touchées des 374 communes classées en zones d’intervention prioritaire (ZIP). Autre problème qui n’arrange pas la situation : dans notre département, plus de la moitié des médecins ont plus de 60 ans, et celui qui part à la retraite ne trouve pas de remplaçant. Autre constat : les médecins généralistes effectuent en moyenne 22 consultations par jour d’une durée moyenne de 17 minutes. Ils assurent 2 millions de consultations chaque jour en France, le plus important volume de consultations en médecine de ville. En moyenne, il faut attendre 3 jours pour obtenir un rendez-vous.

Bien que cette compétence ne soit pas communale, la ville de Savigny a mis en place dès 2014 des actions concrètes pour remédier à la situation. Pour faire face à ce déficit, le conseil municipal a ainsi adopté de nouveaux statuts pour la Société d’économie mixte de Savigny-le-Temple (Semsa, détenue à plus de 67% par la ville), jusqu’en 2014 dédiée aux logements sociaux.

Pour attirer les médecins et les spécialistes, la Semsa santé s’emploie à gérer le secrétariat médical, le ménage, la téléphonie, l’électricité ou encore l’informatique. Une aide conséquente qui permet ainsi aux professionnels de santé de consacrer le plus clair de leur temps aux patients sans passer trop d’heures sur la gestion de la paperasse administrative et autres tâches annexes. Sans oublier les aides financières comme les exonérations de loyer dans la maison médicale.

Résultat : entre 2016 et 2017, Savigny a pu accueillir quatre généralistes, un gynécologue, un cardiologue, quatre cabinets d’infirmiers et une sage-femme. Et cette année, autre bonne nouvelle, la ville lance les chantiers de deux nouvelles structures médicales…

La ville s’investit dans la santé car il faut rappliquer un système qui garantit l’accès aux soins de tous, au moment où les besoins autant que les innovations évoluent très fortement. Face à la désertification médicale qui touche le département en général et la ville dans une moindre mesure, il faut trouver des solutions concrètes et attirer de nouveaux praticiens. C’est pour cela que la Semsa, présidée par Maurice Pollet, maire-adjoint délégué à la santé de proximité, est l’outil financier et technique de la ville. Elle a orienté son activité vers les services de santé de proximité et continue de combler le déficit de médecins auquel la commune doit faire face.

Ses premières actions ont été de sauver un premier centre de santé, rue Léon-Blum, près de la gare, en 2016. Suite à l’achat de locaux, un second centre a ouvert quelques mois après au Miroir d’eau à Plessis-le-Roi. Dernièrement, la maison médicale des Chrysalides, a été en la rachetée début 2019, afin de lui permettre de se maintenir.

Actuellement, la préparation de la construction d’une maison médicale au Bourg est en cours avec un début des travaux d’ici l’été. Ce nouveau centre devrait ouvrir en 2020 et accueillera trois dentistes, un médecin généraliste, deux infirmières, un podologue et un psychologue dans ses 300m2. Et prochainement une nouvelle maison médicale sera ouverte au Centre-ville derrière la gare, couplée avec une crèche. L’ouverture est prévue en 2021.

randomness